samedi 24 octobre 2026 - 19:36
Décès ou martyre ? Une réponse simple à une question
Décès ou martyre ? Une réponse simple à une question

Hawzah / Le terme "wafat" est général et peut désigner aussi bien une mort naturelle qu’un martyre ; son emploi ne remet donc pas en cause le martyre de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle).

(A. P. Hawzah) L’emploi du terme « wafat » à propos de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle) ne signifie nullement que les savants chiites nient son martyre, car ce terme désigne le décès sans en préciser les circonstances.

Certains affirment : « Puisque de grandes figures du chiisme ont employé le terme "wafat" (وفاة) à propos de Sayyeda Fatima Zahra (que la paix soit sur elle) cela signifie qu’elles-mêmes ne reconnaissent pas son martyre. »

Cette affirmation est erronée à la base, car le terme "wafat" est un terme général qui ne signifie pas exclusivement « mort naturelle ». Il désigne le fait de quitter ce monde, que cela survienne à la suite d’une maladie, d’une mort naturelle, d’un martyre ou d’un acte d’injustice.

Le Noble Coran emploie lui aussi ce terme dans ce sens. Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate al-Zumar :

اللَّهُ يَتَوَفَّى الْأَنْفُسَ حِينَ مَوْتِهَا

Allah reçoit les âmes au moment de leur mort. (Coran, al-Zumar, 39:42)

Ainsi, dans le Coran, le terme "tawaffī" (توفّي), issu de la même racine que "wafat", désigne le fait de reprendre les âmes au moment de la mort. Il ne précise pas, à lui seul, les circonstances de celle-ci.

Par conséquent, employer le mot "wafat" à propos de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle) n’est nullement contradictoire avec la reconnaissance de son martyre. De même, dans le langage courant, nous pouvons dire qu’une personne est « décédée » tout en précisant qu’elle a été « martyrisée ». Ces deux expressions ne sont pas contradictoires : la première désigne le décès de manière générale, tandis que la seconde en précise les circonstances.

Plus important encore, les ouvrages chiites comme sunnites emploient le terme "wafat" à propos de personnes dont le martyre est établi.

À titre d’exemple, le cheikh al-Sadouq, dans son ouvrage "Man la yahduruhu al-faqih, vol. 1, p. 177" rapporte au sujet de Jaʿfar ibn Abi Talib et de Zayd ibn Horaythah, tous les deux tombés en martyrs, que lorsque la nouvelle de leur décès parvint au noble Prophète (que la paix et le salut d’Allah soient sur lui et sur sa famille immaculée) ses pleurs s’intensifiaient chaque fois qu’il entrait chez lui.

De même, Ibn Shahr Ashoub écrit dans son ouvrage "Manaqib Al Abi Tqlib, vol. 4, p. 175" au sujet de l’Imam Zayn al-Abidin, Ali ibn al-Hossein (que la paix soit sur lui) qu’il naquit deux ans avant le "wafat" — c’est-à-dire le martyre — de l’Imam Ali ibn Abi Talib (que la paix soit sur lui).

Les sources sunnites utilisent également ce terme. Ibn Abi Shayba rapporte dans son ouvrage "al-Musannaf, vol. 3, p. 62 ; vol. 7, p. 414" :

لَمَّا أَتَتْ وَفَاةُ جَعْفَرٍ عَرَفْنَا فِي وَجْهِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْحُزْنَ

Lorsque la nouvelle du décès de Jaʿfar nous parvint, nous discernâmes la tristesse sur le visage du Messager d’Allah (que la paix et le salut d’Allah soient sur lui).

Or, Jaʿfar ibn Abi Talib est tombé en martyr lors de la bataille de Moʾta. C’est à son sujet que le noble Prophète (que la paix et le salut d’Allah soient sur lui et sur sa famille immaculée) a prononcé la célèbre parole selon laquelle Allah lui a accordé deux ailes avec lesquelles il vole au Paradis.

Il est donc clair que le simple emploi du terme "wafat" par un savant à propos de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle) ne signifie nullement qu’il nie son martyre. De nombreux savants qui reconnaissent le martyre de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle) ont eux aussi utilisé ce terme général.

La question du martyre de Sayyeda Fatima al-Zahra (que la paix soit sur elle) relève, en elle-même, d’une discussion historique et traditionelle qui doit être examinée à partir des témoignages historiques et de hadith. Toutefois, invoquer l’emploi d’un terme général pour nier son martyre constitue un raisonnement invalide. Pour établir ou réfuter une telle question, il faut examiner les traditions rapportées et les éléments historiques, et non jouer sur un mot dont le sens englobe toutes les formes de décès.

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